Rite d'York


LE RITE D'YORK
ou
Le Rite des Anciens Maçons Francs et Acceptés

HISTORIQUE 
L'origine du Rite d'York est absolument sans rapport avec les Constitutions d'York de 926 sous le règne d'Athelstan et de la Grande Loge d'York appelée « Grande Loge de toute l'Angleterre » qui ne toucha que les comtés d'York, de Cheshire et du Lancashire, n'ayant qu'une faible influence. Elle exista à partir de 1725 et n'eut plus de Grand Maître après 1792 (B. E. Jones).
L'introduction de cette appellation d'York est liée à l'expansion de la Grande Loge des Anciens au XVIIIème siècle et cette référence a été défendue par Laurence Dermott dans le sens d'une origine mythique d'une maçonnerie de pure tradition, adhérente aux plus anciens us et coutumes maçonniques.
Si, aux premiers temps de la première Grande Loge de Londres (1717), les premières loges qui se développèrent en Amérique du Nord furent vraisemblablement des Grandes Loges de Rite Moderne, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, comme au début du XIXème siècle, ce sont essentiellement des loges issues de la Grande Loge des Anciens qui se développèrent outre-mer, les "modernes" restant majoritaires en Angleterre.
Les Irlandais y jouèrent un rôle important, comme par exemple le 46ème Régiment d'Infanterie dont les Maçons furent constitués le 4 mars 1752 sous le Nº 227 par la Grande Loge d'Irlande. Cette loge fut réputée très active dans l'ensemble de ses déplacements en Amérique du Nord.
Par ailleurs, les loges irlandaises (voir les traductions des Trois coups distincts de Gilles Pasquier dans les Cahiers de « Villard de Honnecourt ») de même que la Grande Loge d'Écosse, pratiquent des rites beaucoup plus proches, si ce n'est analogues à ceux du Rite d'York et donc beaucoup plus lointains des rites de la Grande Loge des « Modernes » et encore différents du Rite Émulation.
Ces loges américaines n'ayant pas été touchées par le traité de l'Union entre la Grande Loge des Anciens et la Grande Loge des Modernes, la pratique qu'ils ont perpétuée ayant gardée toute sa pureté d'origine semble parfaitement conforme à la tradition des "Anciens", sans variante ni modification significatives.
On note des identités, par exemple, avec le manuscrit Sloane Nº 3329 (« Je celle, je cache, je garde »).
Contrairement à certains systèmes de « hauts grades » qui ont créé leurs rituels des trois premiers degrés pour se soucher sur la structure traditionnelle maçonnique du métier, le Rite d'York se suffit à lui-même, développe son propre message dans ses trois premiers degrés, ses développements ultérieurs restant tout à fait facultatifs bien que complémentaires mais sans caractère impératif.
Nous ferons toutefois une petite restriction en rappelant que selon certaines théories (Mackey), l'Arche Royale aurait fait partie dans le temps du troisième degré.
Les loges des Anciens travaillaient au degré de l'Arche Royale si elles étaient en possession de la patente les y autorisant et " passaient " les frères dans la chaire de Vénérable pour les admettre à l'Arche, d'où l'origine de cette pratique.
L'Arche Royale était considérée comme partie intégrante du fonctionnement de la loge.
Étant donné les origines américaines du Rite Écossais Ancien et Accepté (Charleston), il est normal que l'on y retrouve à certains moments un message équivalent à celui de l'Arche Royale ainsi qu'au 4° degré du Rite Écossais Rectifié, complément du degré de Maître Maçon.
Rappelons que le Guide des Maçons Écossais (1802), origine des trois premiers degrés du Rite Écossais Ancien Accepté, pratique un rituel analogue à celui du Rite d'York.
Ces rapports entre les "Anciens", les usages des opératifs, l'Arche Royale, auxquels il faudrait rajouter l'influence des Anciennes Confréries attachées aux métiers confirment l'authenticité du Rite d'York ou des Anciens Maçons Francs et Acceptés.
Cette authenticité est le garant formel de la qualité de transmission du message maçonnique véhiculé depuis nos origines.
Parmi les noirs ou hommes de couleur dans toute l'étendue des Etats-Unis de l'Amérique septentrionale. « Bulletin du G.O.D.F. - Suprême Conseil pour la France et les Possessions françaises - N° 2 - Avril 1868 ».
La Franche-Maçonnerie a pris une extension telle, dans les État-Unis d'Amérique, qu'elle surpasse en Ateliers et en Membres tout ce qu'elle a produit dans les autres parties du monde.
Il existe, dans l'Union, 34 grandes Loges (autant que d'États particuliers), pratiquant le Rite d'York, c'est-à-dire le rite originaire reconnu par les grandes Loges d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande.
L'esclavage, ce fléau réprouvé par la raison, par l'humanité, et par la civilisation, ne s'étendait point sur tout le territoire américain; il n'était applicable qu'à peu près dans la moitié des états composant l'Union, et encore dans près de la moitié de cette dernière partie, il était plutôt un principe facultatif qu'une exécution forcée.
Dans la partie des États-Unis infectée par l'esclavage, il existait une certaine quantité de noirs et d'hommes de couleur qui avaient été affranchis par des maîtres, honteux d'une semblable plaie parmi des créatures provenant d'un même créateur ; il en existait d'autres qui, par un travail incessant, s'étaient rachetés de leur servitude, et n'avaient alors d'autres maîtres qu'eux-mêmes.
Par une anomalie dont on chercherait en vain à se rendre compte, les noirs ou hommes de couleur nés sur un territoire libre, étaient peut-être les moins considérés ou supportés par la race blanche : ils étaient et sont encore soumis à de dures humiliations; ils sont parqués dans des quartiers à eux affectés et qu'ils ne peuvent quitter, des places a part et infimes leur sont affectées dans les églises et les théâtres; les cafés, les restaurants, les voitures, les omnibus, les bateaux à vapeur, et tous les lieux publics leur sont interdits, ou bien ils y tiennent une place à part ; ils ne sont jamais admis à la table d'un blanc et ne s'introduisent jamais dans sa maison qu'à titre de domesticité.
Enfin, quoique libres, ils ne jouissent point des bienfaits de la liberté, de la sociabilité, de la civilisation. Ces restrictions blessantes sont moins frappantes dans les états, où l'esclavage existait: nés et élevés sur la plantation du maître, ils étaient pour ainsi dire sous le même toit ; ils élevaient les enfants qui souvent jouaient avec les leurs, ils devenaient plus en contact avec la famille, et la répulsion entre les deux races paraissait moins prononcée.
La Franche-Maçonnerie, cette institution de fraternité, d'égalité et de fusion des hommes et des races, ne détruisit point ces funestes préjugés. Les noirs et les hommes de couleur, quoique libres ou affranchis, ne purent jamais parvenir à aucun des -bénéfices de l'Ordre et en furent généralement proscrits.
Cependant la Maçonnerie n'est point restée inconnue et indifférente aux noirs ou aux hommes de couleur ; un assez grand nombre d'entre eux avaient été chercher l'initiation et la lumière dans des pays étrangers où des exclusions anti-fraternelles n'existaient point, en sorte que depuis plus de cinquante années ils avaient établi des Ateliers de leur race et même une grande Loge de ce régime ne tarda pas à se fonder.
Les Maçons blancs de toutes les grandes Loges des États-Unis désavouèrent ces frères, dont tout le crime consistait dans une différence de peau, qui n'est point de leur fait; ils les traitèrent de spurion's Masons (de faux Maçons) ; ils refusèrent de les admettre dans leurs temples, et repoussèrent systématiquement ceux qui réclamèrent la faveur d'une initiation régulière.
Aujourd'hui, il ne peut plus être question d'esclavage sur tous les territoires composant la grande et prospère République des États-Unis : tous les noirs et les hommes de couleur sont libres; ils rentrent dans la plénitude de leurs droits civils et politiques, dont ils avaient été si injustement privés depuis longtemps.
Cependant, au moment où nous écrivons, il West pas encore question d'ouvrir les bras à' ces nouveaux frères, avec lesquels il ne devrait exister aucune différence, et aucune des 34 grandes Loges de l'Union américaine n'a songé à faire disparaître une aussi grave erreur, qui devient une profonde injure envers l'humanité. Ce qui est à remarquer certainement, c'est que du sein même du foyer de l'esclavage devait partir le premier cri de l'émancipation maçonnique en faveur des noirs et des hommes de couleur. Si cet acte généreux n'a été que le travail d'une seule autorité maçonnique, il est tellement émouvant pour les Maçons européens, qu'il est de leur devoir d'y apporter leur puissant concours, a fin qu'appui soit donné aux faibles et que les forts ne restent point clans leurs fausses applications des prescriptions des lois maçonniques.
A la Nouvelle- Orléans, capitale de l'État de la Louisiane, il existait et il existe encore un suprême Conseil du 33ème degré du rite Écossais ancien et accepté, constitué le 27 octobre 1839, sous les prescriptions des constitutions de 1786. Pendant plusieurs années, ce suprême Conseil était annexé à la grande Loge de l'État, travaillant au rite d'York, et son organisation alors était à peu près celle du Grand Orient de France, admettant et pratiquant les divers rites.
Les autres grandes Loges des États-unis attaquèrent cette union, prétendant que le rite d'York ne pouvait ni ne devait comporter aucune fusion avec les autres rites. La grande Loge de la Louisiane, après avoir résisté a ces prétentions finit par y accéder, afin d'éviter un schisme; elle rompit sa liaison avec le suprême Conseil, déclarant qu'elle ne constituerait plus à l'avenir d'autres Loges qu'au rite d'York, dans ses trois degrés symboliques.
Le Suprême Conseil resta ainsi indépendant, et par la force des choses se vit obligé de constituer des Ateliers inférieurs sous le régime du rite écossais ancien et accepté.
Au commencement de 1867, la Grande Commanderie de ce Suprême Conseil étant devenue vacante, l'Illustre F\ Eugène Chassaignac en fut investi régulièrement; le Frère Chassaignac a une réputation d'honorabilité, de capacité et d'influence parfaitement établie dans l'État de la Louisiane.
La première pensée de cet Ill\ frère fut d'examiner la situation actuelle faite aux noirs et aux hommes de couleur dans la Maçonnerie; il la trouva aussi injuste que contraire même aux intérêts de la race blanche, alors qu'ils allaient entrer en juste et égal exercice de leurs droits civils et politiques.
En conséquence, le Frère Chassaignac assembla les Loges de son Obédience, et leur fit prendre la résolution d'ouvrir leurs temples désormais aux Maçons noirs ou de couleur. Cette recommandation fut accueillie avec la plus vive satisfaction, et l'exécution n'en fut point différée. 
Cette grande manifestation eut lieu dans le temple de la. Resp. Loge La Liberté N° 9, or. de la Nouvelle Orléans, et c'est alors qu'on vit pour la première fois les Maçons de toutes les races se donner sincèrement la main.
Les frères noirs et de couleur votèrent une adresse de remerciements et d'alliance avec tous les frères des Ateliers sous l'Obédience du Suprême Conseil, qui prenaient ainsi courageusement l'initiative d'un acte de véritable justice et d'humanité.
Le Suprême Conseil indépendant de la Louisiane ne se contenta point de cette fusion, il voulut compléter son oeuvre d'émancipation en accordant, en juin dernier, une charte aux hommes de couleur pour ouvrir une Loge sous le titre de La Fraternité, N° 10, or. de la Nouvelle, Orléans. C'est la première Loge de cette race régulièrement établie dans les États-Unis ; elle est sous la présidence du Frère Ernest Saint-Cyr, homme de couleur, recommandable par son éducation, son zèle, et ses convictions.

Cette création fut suivie de celle de trois autres loges de même composition, savoir : Eugène Chassaignac, N° 21, Le Progrès, N° 22 et La Fusion maçonnique N° 23. En sorte qu'aux quatre Loges d'hommes de couleur fonctionnent activement dans l'Orient de la Nouvelle-Orléans, et qu'il est probable qu'elles seront promptement augmentées dans la Louisiane.
On peut donc affirmer que l'émancipation maçonnique va certainement seconder l'émancipation civile et politique parmi les anciens esclaves des États-Unis d'Amérique, et qu'elle servira merveilleusement d'apprentissage à ces nouveaux affranchis pour arriver à l'exercice sage et progressif des droits qui leur sont acquis. Les blancs et les hommes de couleur se rencontreront en frères, sur le pied d'égalité, dans les temples de l'ordre, comme ils doivent se rencontrer dans les meetings. La discipline de nos Ateliers portera ses fruits clans les assemblées où les citoyens de toutes les races, dans la grande république américaine, doivent maintenant confondre et harmoniser leurs besoins et leurs intérêts respectifs.
Mais il ne faut pas se dissimuler que ce triomphe du principe émancipateur ne s'établira point sans rencontrer une forte opposition parmi les Maçons d'York du Nouveau Monde, et que cet acte de justice autant que de haute humanité a besoin, pour en imposer à ses adversaires, de la sanction des autorités maçonniques et des Maçons de l'Europe, qui sont leurs aînés dans la pratique de la Franche-Maçonnerie.
Le grand Orient de France a le premier marché dans les voies adoptées par le Suprême Conseil de la Louisiane. Depuis 1800, ses Ateliers recevaient à l'initiation tous les hommes de couleur qui pouvaient donner à l'Ordre des garanties de capacité. 
Le 14 février 1836, il accordait aux hommes de couleur une constitution pour ériger une Loge à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), sous le titre des Enfants d'Hiram, et peu après il récompensa les travaux de ces frères en leur accordant les patentes d'un Chapitre de Rose-Croix. Noblement en déclarant qu'il refuserait sa correspondance à toutes les autorités maçonniques qui ne se seraient pas prononcées pour l'abolition de l'esclavage.
Il est donc à espérer que, dans cette circonstance, le Grand Orient donnera son concours à la mesure générale prise par le Suprême Conseil indépendant de la Louisiane, qu'il le rétablira sur le tableau des autorités régulières dont il reconnaît les actes, et qu'il renouvellera ses protestations au sujet des autorités maçonniques étrangères qui conserveraient quelque répugnance à admettre à leurs travaux les hommes de couleur aujourd'hui légalement émancipés.
Déjà le Grand O. de Belgique, par l'organe de son Grand Maître national, J. van Schow, de son grand secrétaire, Ferréol Fourcault a envoyé une adresse de félicitations au Suprême Conseil indépendant de la Louisiane, et a sollicité sa correspondance.
LA BIBLE, L'ANCIENNE ALLIANCE,LA NOUVELLE ALLIANCE
Le fondement essentiel du Rite d'York est le volume de la Sainte Loi, qui est la Bible, et plus particulièrement l'Ancien Testament.
Par le biais des anciennes confréries, il est vraisemblable que les Maçons ne sachant ni lire ni écrire, travaillant sur des chantiers imprégnés de religiosité, recevaient un enseignement basé sur l'étude de la Bible et de l'économie du sacré.
Toutes les références des trois premiers degrés proviennent de l'Ancien Testament et l'ouverture de la Bible se fait à chaque degré à un verset différent directement en rapport avec la cérémonie d'initiation, de passage ou d'élévation correspondante ;
  • Psaume 133 au 1er degré,
  • Livre d'Amos, chap. 8 au 2ème degré,
  • Ecclésiaste, chap. 12 au 3ème  degré
  • Livre des Rois en conseil de Maîtres installés.
De plus, le signe d'ordre est toujours précédé d'un signe appelé « Dieu garde » dont nous pouvons accepter la signification : signe du serment, car sa traduction (Due Gard est incertaine, pouvant également venir de Due Form (due forme) et être interprétée comme "dûment gardée".
Ce signe correspond à la position des mains du candidat sur la Bible lors de la prestation de son obligation. Cette position des mains présente des analogies avec les quatre niveaux de lecture spirituelle des textes sacrés.
La conséquence de cela rend impossible le remplacement de l'Ancien Testament. Il ne faut pas confondre le volume de la Sainte Loi avec le volume du serment qui, lui, doit correspondre à la foi du candidat.
On notera une référence constante au Nouveau Testament dans l'invocation d'ouverture : « A la gloire de Dieu et en mémoire des deux bienheureux saints Jean », ou des deux saints Jean ou de saint Jean.
La Loge comporte au midi, un tableau représentant un cercle avec un point en son centre et deux tangentes parallèles verticales, celle de gauche représente saint Jean l'Évangéliste et celle de droite, saint Jean le Baptiste.
Tangent horizontalement au bord supérieur du cercle se trouve le volume de la Bible ouvert.
Ce tableau d'une haute portée symbolique qu'il ne convient pas de développer ici est essentiel à la bonne compréhension de la transmission de l'ensemble du message maçonnique.
Situé au midi, il est assimilable aux tableaux de loge qui dans le Rite Émulation sont disposés devant le Second Surveillant.
Les références auxquelles il renvoie sur l'ancienne et la nouvelle alliance démontrent le rôle que tient le rite par rapport aux religions et à sa propre tradition.

DISPOSITION DE LA LOGE

Comme dans tous les rituels des Anciens, le Vénérable Maître siège à l'orient, le Premier Surveillant à l'occident et le Deuxième Surveillant au midi.
Leurs positions respectives détaillées dans le rituel sont liées à l'observation du soleil et non à la surveillance des colonnes.
  • Le Premier et le Deuxième Diacre assistent respectivement le Vénérable Maître et le Premier Surveillant. Leur rôle essentiel est de véhiculer "la parole" et de ce fait la dénomination de Diacre est plus conforme que celle d'Expert.
  • La place de l'Expert au Rite Écossais Ancien et Accepté est celle du Premier Diacre et celle du Directeur des Cérémonies, lorsqu'il siège à l'entrée de la loge est celle du Deuxième Diacre.
  • Le Vénérable Maître à l'orient est encadré par le Premier Diacre et le Trésorier à sa droite, par le Chapelain et le Secrétaire à sa gauche. Le Chapelain est l'Orateur, celui qui fait l'oraison, le Prieur.
  • Le Passé Maître siège à côté du Vénérable Maître, ainsi que le Grand Maître ou son représentant.
  • Le Second Surveillant est encadré par les Premier et Deuxième Intendants et, au milieu de la colonne du nord, siège en général le Maréchal dont le rôle est celui de Directeur des Cérémonies, il constitue également la référence traditionnelle des us et coutumes du rite.
Il existe normalement deux portes à l'occident, celle du sud-ouest correspond à la porte extérieure et celle du nord-ouest à la porte intérieure. A la porte extérieure se présentent les profanes et à la porte intérieure les frères reconnus et déjà tuilés.
Il existe donc un garde intérieur et un garde extérieur.
L'existence d'un garde extérieur est indispensable au déroulement du rituel, car il prépare les visiteurs qui vont entrer, il surveille la tenue des candidats préparés par les Intendants, il instruit les Apprentis et les Compagnons pendant qu'ils attendent sur le parvis.
Il n'existe pas de tableau de loge au Rite d'York au centre du pavé mosaïque ; il s'y trouve l'autel des serments avec le volume de la Sainte Loi, l'équerre et le compas ainsi que les trois piliers portant chacun une lumière et respectivement situés à l'est, au midi et à l'ouest.
L'autel des serments a normalement la forme d'un double cube couché.
La disposition des trois piliers autour de l'autel est très variable : ils peuvent même se situer auprès du Vénérable et des deux Surveillants.
Les déplacements, selon l'usage, se font selon l'axe des colonnes du nord et du midi. On marque les angles droits. En dehors des circumambulations rituelles, on ne passe jamais à l'orient entre le Vénérable et l'autel des serments. La circulation se fait sans être à l'ordre, mais dans certains ateliers on circule en étant au signe de fidélité.
Les déplacements sont, en général, accompagnés soit par les Diacres, soit par le Maréchal ou le Directeur des Cérémonies.
Il existe quelques variantes suivant l'usage des Grandes Loges. Dans la Grande Loge de Virginie, les frères se tiennent au signe du serment et à la Grande Loge de « Nova Scotia », les frères se tiennent au signe de fidélité, lors des prestations de serment, en s'adressant au Vénérable Maître, etc.
Si les usages des signes peuvent changer, ceux-ci sont identiques de même que les pas et les saluts en entrant en loge.
Les Maîtres Maçons portent donc un tablier blanc de forme rectangulaire et à bavette rabaissée. Les cordons sont longs et s'attachent à la bavette.
Ces tabliers devraient normalement descendre jusqu'aux genoux et ils portent souvent le numéro et le nom de la loge ainsi qu'un « G » dans une équerre et un compas.
Les officiers portent un tablier bordé par un étroit ruban aux couleurs de la Grande Loge et brodé avec le symbole de leur office ainsi que le sautoir avec le bijou correspondant.
Les augmentations de salaire au Rite d'York sont souvent considérées comme très rapides, mais avant d'accepter cette critique, il convient d'attirer l'attention sur les points suivants :
D'après certaines hypothèses, du temps de la première Grande Loge de Londres, il semblerait que, du moins parfois, les deux premiers degrés aient été conférés simultanément la même soirée (B.E. Jones).
Ainsi que nous l'avons dit, seul le Maître Maçon est réellement inclus dans la loge et l'initiation complète ne lui est pleinement conférée qu'à son élévation où le Vénérable Maître joue effectivement le rôle du roi Salomon, le 1° Surveillant Hiram roi de Tyr et le postulant faisant le 2° Surveillant qui est Hiram Abif. Là encore, le cousinage avec les opératifs est intéressant.
Il n'est pas dans les usages que les Apprentis ou les Compagnons voyagent dans d'autres ateliers et ceci ne serait pas conforme au rite, lequel stipule que l'on demande à être reçu Maître afin d'obtenir le mot de Maître pour voyager dans les pays étrangers, etc.
Rappelons encore que dans bien des Grandes Loges américaines, le frère ne aye ses capitations que lorsqu'il est reçu au 3ème degré.
Dans les usages de la Grande Loge Nationale Française, il est demandé au minimum quatre semaines entre deux augmentations de salaire.
Or, il ne faut pas comparer un Apprenti ou un Compagnon d'un rite à un autre et les qualifications pour passer d'un degré à l'autre peuvent varier. Il n'est pas demandé au candidat d'évolution philosophique ni de travail intellectuel ou culturel, on ne lui demande que de savoir se présenter à son grade, connaître par coeur son obligation et toute son instruction, afin de présenter les dispositions morales et civiques d'un bon Franc-Maçon.
Le travail par coeur est essentiel et indispensable à la pratique du rite, et ce sont les instructions aux trois degrés qui sont les plus importantes dans cette transmission orale, où les rituels sont jalousement communiqués, lorsqu'ils existent.
Le travail des répétiteurs peut sembler fastidieux mais il lie fortement les participants entre eux par le partage de leur secret. 
Apprendre par coeur permet en effet d'abord de préserver le secret de nos rites de qui n'a pas qualité ou ferme volonté pour les connaître, ensuite il permet en s'astreignant à une discipline de développer en soi des découvertes mystiques et ésotériques pour ceux qui savent tracer des perpendiculaires entre les différents textes des différents degrés.
Ceci explique la progression rapide mais non systématique, au Rite d'York, où l'on peut former un maître en quelques mois pourvu qu'il ait satisfait, à ses obligations.
Par ailleurs, le travail par coeur implique que chacun peut participer aux cérémonies sans être membre du collège des officiers.
Ainsi, le rituel fait souvent appel à la compétence et à la participation de nombreux frères (une vingtaine pour une élévation) leur permettant d'intervenir au coup par coup par quelques phrases lors du déroulement du rituel. 
En revanche, l'engagement dans le collège des officiers aboutit obligatoirement au vénéralat, sauf accident de parcours.

LA CÉRÉMONIE

Le Rite d'York est très riche en cérémonies aussi bien intérieures qu'extérieures : pose de la première pierre d'un édifice, dédicace d'un temple, dédicace de bannière, anniversaire de loge, enterrements, etc.
De plus, les installations de Vénérable Maître peuvent souvent être faites en environnement profane. Il est à noter que dans ce cas, le cérémonial obéit à une procédure particulière occultant une partie du rituel et spécialement la partie confidentielle de l'installation où sont révélés les signes et secrets de Maître installé.
Il est bien évident que la plupart de ces cérémonies doivent être adaptées aux usages en vigueur à la Grande Loge Nationale Française, avec les autorisations nécessaires.
Par ailleurs, une des spécificités de la cérémonie d'installation du Vénérable Maître au Rite d'York et qui demanderait à être respectée est son Extended Working.
Après l'installation du Vénérable Maître, l'Officier installateur installe l'ensemble du collège des officiers et particulièrement les deux Surveillants. Puis a lieu l'acclamation de l'installation. Cette triple installation se fait dans des formes identiques et les autres officiers ne sont pas assermentés.
La cérémonie d'installation du Vénérable et de l'ensemble du collège forme donc un tout indissociable et l'officier installateur n'est pas systématiquement le Vénérable Maître sortant.
Comme dans tous les autres rites pratiqués par toutes les grandes loges régulières, le pouvoir royal est rassemblé dans les mains de celui qui préside, qu'il s'agisse du Vénérable Maître en chaire, ou des seules autres autorités ayant droit sur lui, à savoir le Grand Maître Provincial ou de district et le Grand Maître.
Il est à noter, toujours dans le système des rites américains, que le Grand Maître Provincial ou de district est appelé Député Grand Maître, ce qui fait que le Grand Maître est directement assisté par un grand nombre de Députés Grands Maîtres ayant chacun la responsabilité de quelques loges.
Mais la faculté de se faire remplacer par le Grand Maître Provincial ou par le Député Grand Maître semble assez réduite, les délégations de pouvoir étant extrêmement limitées.
De ce fait, les pouvoirs d'un Grand Maître, d'un Député Grand Maître et ceux d'un Vénérable Maître sont nettement distincts, chacun jouissant de ses droits et prérogatives suivant une règle qui n'est pas sans rappeler le principe de subsidiarité. C'est-à-dire qu'un Grand Maître n'a pas vocation de procéder à des initiations et qu'un Vénérable Maître n'a pas le pouvoir de faire d'un profane un Maçon à vue.
Le Grand Maître peut donner certaines dispenses, le Député Grand Maître d'autres et le Vénérable Maître ne peut que faire fonctionner son rituel. Les cérémonies de consécration de nouvelles loges sont tout à fait superposables à celles du Rite de Grande Loge que l'on retrouve dans sa spécificité de rite de Maçons Anciens Francs et Acceptés. Rappelons enfin qu'une bonne partie de la cérémonie du souvenir est tirée du 3ème  degré de ce rite.
En général, les travaux sont ouverts d'emblée et a priori au 3° degré et ceci pour de multiples raisons qui nous font encourager ce choix.
Des tenues de loges : Les loges d'Apprentis se tenaient sur le parvis du temple du roi Salomon, sept formant une loge : un Maître Maçon et six Apprentis.
Les loges de Compagnons se tenaient dans la chambre du milieu du temple du roi Salomon, cinq formant une loge : deux Maîtres Maçons et trois Compagnons.
Et les loges de Maîtres Maçons se tenaient dans le Sanctum Sanctorum ou Saint des Saints inachevé du temple du roi Salomon, trois formant une loge.
En suivant le déplacement de la loge aux différents degrés, indiquons pour guider certaines recherches, qu'à l'Arche Royale, la loge est située dans la crypte, sous terre.
Cela veut dire qu'un Maître suffit pour initier, mais que trois maîtres sont nécessaires pour élever à la maîtrise.
De ce fait, trois maîtres Maçons suffisent dans ce contexte à ouvrir les travaux et participent effectivement et réellement au 3ème degré au rituel d'ouverture, ce qui revaît toute sa signification, lorsque l'on connaît l'importance de la pratique par coeur du rituel. 
Toutefois, nos usages veulent dans nos constitutions que cinq soient présents pour ouvrir les travaux. Il faut rapprocher ces éléments des anciens usages des Maçons opératifs de la « Worshipful Society » et de « l'Arche Royale » où seuls les trois « maîtres » procèdent entre eux à l'ouverture des travaux, les autres frères étant reçus ensuite. D'où également l'usage de certaines loges de ne recevoir les visiteurs qu'après la création du « cercle sacré ».
Seuls les Maîtres Maçons ont reçu la plénitude des transmissions initiatiques leur permettant de participer à l'ouverture des travaux aux différents degrés et le maçon n'est réellement intégré dans la loge que lorsqu'il est Maître. Nous y reviendrons à propos des problèmes des augmentations de salaire et de la progression.
Aucun ordre du jour ne peut être traité au 1er et au 2ème degré sauf les cérémonies d'initiation et de passage, donc tous les autres travaux et discussions maçonniques ainsi que tous les votes ont lieu au 3ème degré. 
De même qu'au 3ème degré, peuvent être lus les procès-verbaux des tenues au 1er  au 2ème et au 3ème degré puisque tout ce qui est pratiqué au 1er et 2ème degré peut être lu au 3ème, la démarche inverse serait évidemment erronée. 
Pour résumer, nous soulignerons particulièrement que le fondement du Rite d'York est le 3ème degré avec l'intégration de la notion d'Alliance entre Dieu et l'homme.
L'apprenti est considéré comme un profane ayant tout juste été admis à pénétrer en loge, à en faire le tour et à en ressortir. Il n'est pas considéré comme faisant partie réellement de la confrérie.
Ce n'est qu'après son passage au 2ème degré, que le candidat est considéré comme faisant réellement partie de la loge et de la confrérie (Craft). Il n'a toutefois aucun pouvoir, aucune responsabilité, aucun droit.
Seul, le maître maçon a tous les droits et toutes les responsabilités, d'où le caractère particulier et exceptionnel d'une élévation à la maîtrise, l'ensemble du message initiatique et ésotérique étant délivré à l'occasion de son intégration dans la loge.
Enfin le travail d'étude et d'adaptation aux us et coutumes doit se poursuivre avec l'équilibre de rigueur et de tolérance nécessaire de façon à ce que le Rite continue sa prospérité.

SYSTÈME DES GRADES DU RITE D’YORK

Les États-Unis détiennent une place un peu particulière sur l'échiquier de la Franc-Maçonnerie mondiale; d'abord parce que leurs effectifs sont très nombreux (aux alentours de 4 millions), ensuite parce qu'ils pratiquent une maçonnerie uniquement axée sur le rituel.
En loge bleue, ils pratiquent le « Ancient Work », le rite standard des loges bleues américaines.
Les hauts grades souchés sur le Rite Américain sont appelés Rite d'York. Il est fréquent que les membres du Rite d'York appartiennent également au hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Ainsi aux USA, un Maçon aura le droit d'être Chevalier du Temple au Rite d'York et Sublime Prince du Royal Secret (32ème) au REAA.  Il existe d'ailleurs des équivalences (ou passerelles) entre ces différents rites et degrés.
Le Rite York comporte 15 degrés dans son ensemble qui sont :
LesLoges Bleues :
  • 1er degré  Apprenti
  • 2ème degré   Compagnon
  • 3ème degré Maître Maçon
Les degrés du métier enseignent des principes de morale, de vertu et de connaissance de soi.
Les Chapitres :
  • 4ème degré Maître de la Marque
  • 5ème degré Passé Maître
  • 6ème degré Très Excellent Maître
  • 7ème degré Maçon de l'Arche Royale
  • Les degrés capitulaires montrent des qualités de courage. de confiance en soi, de chef et de responsable. C'est un encouragement du zèle et de la persévérance permettant d'appréhender les différents types de contacts entre l'homme et Dieu. Dignité de Prieur.
Les Conseils :
  • 8ème degré Maître Royal
  • 9ème degré Maître Select
  • 10ème degré Super Excellent Maître
  • Les degrés cryptiques nous entraînent vers la recherche de la Vérité et des qualités pour l'approcher, donnant son sens au secret et à la fidélité. Le 10ème degré est très controversé dans sa légitimité dans 1e cadre du Rite d'York et viendrait des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Ceci termine l'ancienne Maçonnerie de métier.
Les Commanderies :
  • 11ème degré Chevalier de la Croix-Rouge
  • 12ème degré Chevalier de Malte
  • 13ème degré Chevalier de l'ordre du Temple
  • Les ordres chevaleresques permettent de trouver des applications du métier à ceux qui vivent dans une foi chrétienne.
Les Grands Camps :
  • 14ème degré Chevalier de la Croix Rouge de Constantin
Le Collège Royal de York :
  • 15ème degré Chevalier de York